Décrire la crise haïtienne

De gauche à droite, le président Jovenel Moïse et Sylvain Exantus, le président de la Fédération protestante, Sylvain Exantus, lors d’une consultation sur le choix du prochain premier Ministre. Crédit : page Facebook du président Moïse.

Haïti connait des journées noires ces derniers temps. Des manifestions violentes ont fait des morts, des blessés, des scènes de pillage un peu partout dans le pays. Si le calme revient, la situation reste toujours précaire.

Le pays est fermé. Comme le souhaitent les leaders  du mouvement. A Port-au-Prince que dans les villes de provinces, les manifestations sont violentes. Depuis plus d’une semaine, rien ne marche. Plus rien, sauf les manifestants qui gardent les macadams.

La situation n’épargne personne. Même les églises. A Savanne Pistache, par exemple, des pasteurs ont du fermer leur temple, le 10 février dernier sous la pression d’un chef de gang, rapporte Radio Esther FM.

De nombreux événements évangéliques ont été annulés également.

« Je n’ai jamais vu une telle situation même du temps des Duvalier », souligne le pasteur Manès Blanc qui évolue dans la ville de Saint-Marc, dans le département de l’Artibonite.  Les larmes dans la voix, le directeur de la Radio Schékina décrit un pays qui sombre dans le chaos.

Depuis une semaine, de nombreuses familles se retrouvent cloîtrer à la maison pour éviter le pire. Ils ont peur. Peur de la violence. En rupture de stock pour la plupart, ces personnes avaient de la misère à trouver les denrées alimentaires. C’est une situation difficile que constate le Pasteur Jean Bilda ROBERT du Concile des églises évangéliques d’Haïti.

Par endroit, l’eau manque. La nourriture aussi. L’électricité se fait plus rare que jamais et les malades ne peuvent pas être pris en charge dans les hôpitaux.

Entre la démission du président Jovenel Moise, la réduction de son mandat, l’organisation des élections anticipées ou la mise en place d’un gouvernement de salut publique, les acteurs jouent sur le temps. Entre temps, les casses continuent.

Quand le peuple veut faire entendre sa voix, ils utilisent à tord ou à raison, tous les moyens. Mais le président et son gouvernement n’ont pas pipé mot pendant les 7 premiers jours de la crise.  Silence de cimetière. Peut-être, le pays est déjà enterré.

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A propos Jean Etiome Dorcent 476 Articles
Détenteur d'une maîtrise en journalisme (CFPJ de Paris / Université Quisqueya) et d'une licence en science juridique. Il a des expériences reconnues en journalisme multimédia, en communication / relations publiques et il est webmaster.