[Audio] Quand Willy Lafleur raconte l’histoire de nos chants

Depuis deux ans, Willy Lafleur accentue ses recherches. Son objectif est clair : raconter l’histoire méconnue, voire inconnue des chants évangéliques retrouvés dans la plupart de  nos recueils à l’église.

Tout commence avec un livre. Dans un livre. Willy était encore à l’école quand il a feuilleté pour la première fois, « Ainsi sont nés nos cantiques » de Gustave Ysely.

Il s’agissait pour le jeune chrétien d’une source de richesse intarissable, dans un contexte où l’internet n’existait pas. A cette époque, avoir accès à des ouvrages religieux  de qualité  en Haïti pourrait être un vrai luxe.

« J’ai été fasciné par l’histoire des chants. Depuis le Moyen âge, après la reforme protestante jusqu’à l’époque contemporaine. C’était pour moi une grande révélation », admet-il.

Une histoire d’amour

Mais pour Willy, il s’agit d’une véritable histoire d’amour. Il explique:

Quelques années plus tard, Willy s’installe aux Etats Unis. Mais sa curiosité et sa passion pour l’histoire ne changent pas.

Au contraire, c’est tout un univers de documentations qui s’offre à lui. Et c’est à ce moment là que Willy décide de transformer son amour  en une obligation de partage.

« Je me demandais si je devrais garder toutes ses informations à moi tout seul. Je me suis dit que c’était trop intéressant. Oui, il faut tout partager», témoigne le PDG de la Radio Brillance qui fait une maîtrise en divinité, orientée vers la Pensée chrétienne.

Et voilà comment Willy débute l’enregistrement des histoires des chants en créole haïtien dans son propre studio aux Etats Unis.

Un travail de longue haleine

La tâche est rude. Ce père de famille doit effectuer ses recherches dans des ouvrages en anglais. Il doit par la suite constituer son papier.

La nouvelle étape est de   traduire en créole les textes, avant de se rendre au studio.

L’ouvrage fini donne un MP3 d’environ 5  à 6 minutes avec tout ce que nos frères et sœurs ont besoin de savoir comme données pertinentes sur les cantiques.

« Ma plus grandes difficultés est de trouver une version créole déjà adaptée pour illustrer le chant en question, parfois. Tous les chants ne sont pas encore traduits en créole. Raconter l’histoire sans une illustration ne marche pas », confie-t-il.

Il admet avoir déjà abandonné quelques projets à cause de ce problème.

Cibler les Haïtiens

Le choix d’un audio en créole est stratégique pour faire passer le message. Il permettra à Frère Willy de bien cibler les chrétiens haïtiens. Le créole reste la langue la plus parlée en Haïti.

De plus, le pays a une forte culture  orale. Ce n’est pas pour rien que la radio reste longtemps le media plus important en Haïti.

Certes, le boulot n’est pas facile. Mais Willy a déjà à son actif une soixantaine d’œuvres numériques. « Il s’agit d’un travail continuel. Je continuerai à faire des recherches et à enregistrer les histoires », promet cet homme qui anime des séances de louanges et d’adoration dans son église.

Frère Willy a donné gracieusement le doit de diffusion et de publication de ses enregistrements à la Radio Eclat. La production sera diffusée en direct et en poadcast dès le premier dimanche du mois d’avril, dans une rubrique dénommée «L’âme de nos chants ».

Cette réalisation est diffusée également aux Etats Unis sur la Radio Beree.

Malgré les obstacles, Willy est déterminé. Il continue à  passer de longues heures à tripoter les volumineux ouvrages religieux des bibliothèques à sa disposition pour nous offrir ces histoires de plus en plus fascinantes qui entourent nos chants.

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A propos Jean Etiome Dorcent 448 Articles
Détenteur d'une maîtrise en journalisme (CFPJ de Paris / Université Quisqueya) et d'une licence en science juridique. Il a des expériences reconnues en journalisme multimédia, en communication / relations publiques et il est webmaster.