Turquie : Les missionnaires étrangers indésirables

Depuis le début de l’année, 23 étrangers titulaires d’un visa de résidence n’ont pas été autorisés à revenir en Turquie. D’autres ont reçu une ordonnance d’expulsion. Leur point commun ? Ils sont tous chrétiens.

C’est la surprise totale. Au cours des 8 derniers mois, plus de 23 étrangers qui se trouvaient provisoirement hors de Turquie ont vécu la même mésaventure. Leur tentative de retour a échoué. Problème de visa? Tous sont titulaires d’un visa de résidence turc en cours de validité. Question de date? Ils ne voyageaient pas ensemble.

Problème de nationalité? Ils sont citoyens du Brésil, du Canada, des États-Unis, de la Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni, de l’Iran, de l’Allemagne, de la Corée du Sud et de la Finlande.

Des familles divisées

Dans la plupart des cas, seuls les époux ont été interdits de séjourner à nouveau en Turquie. Pourquoi ce refus, étant donné que leur famille restée en Turquie les y attendait ?

Une situation incompréhensible. Les femmes et les enfants n’ont pas eu le choix. Il leur a fallu régler les affaires courantes, puis faire leurs bagages et partir avant l’expiration de leur propre visa.

Un choc aussi pour Hans-Jurgen Louven (58 ans), un chrétien allemand qui réside depuis plus de 20 ans à Mugla, au bord de la mer Égée, où il travaille dans le tourisme. Le renouvellement de son titre de séjour a été refusé. 

Le 21 août, il a reçu l’ordre de quitter la Turquie dans les 10 jours.Sa fille Hanna commence sa quatrième année d’études à l’université de Mugla. Hans-Jurgen ne comprend pas cette décision: «Comment les autorités turques peuvent-elles exiger que j’abandonne ma fille? Quel père turc ferait cela ?»

Le mystérieux code N-82

Le 12 septembre, lors de son départ de l’aéroport d’Istanbul, Hans Jurgen a vu les fonctionnaires griffonner le code N-82 sur sa carte d’embarquement. Curieusement, les 23 autres chrétiens étrangers titulaires d’un visa de résidence turc valide se sont vu attribuer le même code N-82 dans divers aéroports lors de leur départ ou de leur tentative de retour en Turquie. 

Les autorités ont refusé d’expliquer la signification de ce code. Menace pour la sécurité nationale ou l’ordre public du pays ?

Les chrétiens concernés travaillaient depuis plusieurs années comme responsables d’églises protestantes à Ankara, Istanbul, Izmir ou Antalya. Ils exerçaient ouvertement des activités légales liées à leur ministère chrétien. Pour Hans-Jurgen : «La seule raison pour nous forcer à partir est que nous sommes des gens de foi. Et il nous est arrivé de partager notre foi avec la population locale.» 

Ce résident allemand organisait des voyages sur le thème «culture et tourisme religieux» sur les sites historiques d’Éphèse et de Laodicée. Comme lui, plusieurs chrétiens ont réussi à ouvrir des enquêtes juridiques sur leur situation par l’intermédiaire de leurs ambassades et d’avocats turcs.

Source : Portes Ouvertes

Crédit Photo : Portes Ouvertes

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